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 Troubles . [ Libre ]

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MessageSujet: Troubles . [ Libre ]   Jeu 5 Sep - 20:18

La lame traversa la chair avec un bruit mat, et le corps décapité du capitaine Molben Alard s'écroula lourdement sur le sol. Asphodèle essuya sa lame sur l'uniforme de ce dernier, la rangea prestement dans son fourreau et enjamba le cadavre pour sortir de la pièce, sans même y jeter un regard. Un jeune homme traversait le couloir d'un pas pressé, il s'arrêta brusquement en la voyant et lui demanda :

- Excusez-moi mon capitaine, mais le capitaine Alard est-il là?
- Il est mort.
- C-comment?
- Oui. Et puisque vous êtes là, allez prévenir le commandant Vhuldin et envoyez quelqu'un chercher le corps.

Elle indiqua vaguement la pièce se trouvant derrière elle d'un geste de la main et s'éloigna à grandes enjambées pour sortir de la caserne, sans prêter la moindre attention aux balbutiements confus du jeune homme, ni au cri étranglé qu'il poussa en entrant dans la pièce. Elle savait qu'elle se ferait taper sur les doigts sitôt que le commandant Vhuldin apprendrait l'incident, et cela l'agaçait. Elle savait qu'elle avait eu raison de le tuer. Il avait beau estimer faire son devoir, cet homme était un lâche, et il était donc dangereux. Sa couardise avait coûté la vie de la moitié des hommes qu'elle avait sous ses ordres au cours de la dernière escarmouche contre les barbares de l'Est. Il aurait dû venir en renfort lors d'une embuscade et l'avait laissée seule face aux sauvages enragés. Cela équivalait à un acte de trahison, dont le châtiment était l'exécution pure et simple. Elle était la seule à savoir ce qu'il avait fait, et par conséquent la seule également à être en mesure d'appliquer la loi. Nul ne pouvait braver la loi. Asphodèle y veillait personnellement.

Mais le commandant ne l'entendrait sans doute pas de cette oreille et cela irritait d'avance la jeune femme. Ce n'était pas en épargnant des lâches et en punissant des guerriers valeureux et fidèles au roi Deonyc qu'ils écraseraient le Phendei et le Thansok! Il n'étaient même pas capables de se débarrasser d'une poignée de sauvages sur leur propre territoire!
Cet état de fait la révoltait tout particulièrement. Elle l'éprouvait comme une humiliation.

Elle quitta donc la caserne d'un pas énergique, repoussant les désagréments qui l'attendaient à plus tard. Elle avait besoin de prendre l'air. Elle arriva rapidement dans le quartier commerçant, bruyant et agité comme à son habitude. Là, elle marcha encore quelques minutes, lorsqu'elle entendit une clameur familière s'élever non loin de l'endroit où elle se trouvait : une bagarre. Elle s'arrêta. Ecoutant d'une oreille attentive afin de localiser la source du bruit, elle repartit bientôt, marchant encore plus vite qu'auparavant, sa longue crinière rousse ondulant dans son dos au rythme de ses pas. Quelqu'un était visiblement en train de troubler l'ordre public, et son sens du devoir lui dictait d'intervenir immédiatement. En quelques secondes à peine, elle fut sur les lieux.

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" La morsure de mon épée est un cadeau, qu'il convient de recevoir avec la gratitude qui sied aux dons éternels. "


Dernière édition par Asphodèle Blodhvär le Ven 6 Sep - 18:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Troubles . [ Libre ]   Jeu 5 Sep - 21:22

Il manqua d'éclabousser sa cape, mais le coup était là. Rapide et vif, presque trop parfait pour qu'on ne puisse l'entrevoir. L'homme lâcha un râle avant de tomber à terre. La dague s'était plantée dans la nuque, laissant aucune chance à ce dernier de se relever. Un pauvre gars du coin à en voir ses frusques. Innocent peut-être pas. Sa mort avait été établie. Lui n'était que l'intermédiaire d'une haine familière. Autour de lui, la foule était épaisse. Personne ne comprit dans l'immédiat ce qui se passa. Lorsque ce dernier ne se releva point, le peuple commença à s'agiter par peur d'être le prochain. Dire que la cité était coutumière de ces assassinats était un fait. Seulement en plein jour, voilà qu'une victime s'ajoutait au triste tableau. Alastor fila à l'autre bout, bousculant la masse abasourdie qui grouillait sur la place. De malheureux gens aux visages pâles, tous portaient le dur poids de l'existence. Ils tremblaient à l'idée que la mort plane aussi près d'eux. Les Dieux les avaient abandonné. 

Il se retourna pour entrevoir son oeuvre. Là-bas, le sang coulait encore à flot. Certains se penchèrent sur le cadavre, d'autres crièrent au meurtre. Alastor grimaça. Tous se jetèrent des regards méfiants. Puis, la tension fut à son paroxysme. Le peuple divaguait. Après une joute verbale des plus raffinées, ils se parèrent de poings et d'armes. On se déchirait à tout-va. Les femmes et les enfants s'en allèrent au plus vite. L'assassin en profita pour monter sur un muret. Il n'était ni plus, ni moins qu'une silhouette noire encapuchonnée jugeant de haut le chaos. L'homme fautif aperçut non-loin de lui, une femme dont la chevelure de feu lui était familière.

"Mon capitaine, l'assassin a fui." lança t-il de d'une voix tumultueuse. 
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MessageSujet: Re: Troubles . [ Libre ]   Jeu 5 Sep - 22:30

Il régnait une grande confusion sur les lieux de la rixe. Cela agaça Asphodèle encore plus qu'elle ne l'était déjà. Elle n'aimait pas beaucoup les civils. Ils étaient comme des fourmis à ses yeux : faibles, beaucoup trop nombreux et donc gênants. En l'occurrence, il semblait que quelqu'un avait mis un coup de pied dans la fourmilière, et qu'elle était la seule ici à être en mesure de ramener l'ordre. Elle poussa un soupir las, et s'apprêtait à interroger un badaud sur les causes du trouble, lorsqu'une voix masculine provenant de sa gauche l'apostropha :

- Mon capitaine, l'assassin a fui.

Elle se tourna brusquement vers la source de la voix, la chercha des yeux un instant et vit enfin l'homme encapuchonné sur le muret. Elle s'en approcha en plissant les yeux, cherchant à distinguer les traits de son visage. "Assassin" : la cause de tout ce grabuge s'éclairait enfin. En revanche, l'individu qui venait de s'adresser à elle ne lui inspirait pas du tout confiance. On peut rarement faire confiance à quelqu'un qui s'applique à cacher son visage, et en particulier sur les lieux d'un meurtre..

- Un assassin, vraiment? Qui êtes-vous? demanda-t-elle, méfiante.

Elle se planta devant lui sans cesser de le fixer, l'air peu engageant, prête à empoigner son épée s'il tentait de fuir. Quelques badauds les observaient, le regard attiré par l'uniforme de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Troubles . [ Libre ]   Ven 6 Sep - 0:10

L'agitation était à son comble. La présence du soldat ne calma en rien l'ardeur de la foule. Celle-ci se mouvait de façon bien dangereuse. On comptait déjà quelques malandrins boursouflés à droite et à gauche. L'air rance se mêlait au sang fraîchement versé. Quelques gouttes éparses suffirent à engranger les mécanismes sombres de la nature humaine. Alastor se redressa lorsque la rouquine leva les yeux sur lui. Son allure, qu'il savait au combien, peu reluisante à sympathiser, n'empêcha pas de tenir tête à ces quelques complications avec un certain amusement. Garde à lui, un simple sourire et on compterait peut-être bien là un autre sanglant amas de chair. Quelle sera l'issu de ce combat séduisant ? 

Ne croyez pas qu'il était réjoui à l'idée d'être l'auteur de ce crime. Il était né dans le sang et se contentait de suivre une doctrine dès plus ancrées. Tout comme elle à en croire son instinct. L'homme avait la lame fine et l'adresse d'un félin. Il était vent. Une tornade qui ne se délaissait point d'empourprer le pavé. Était-il aussi bon acteur que fin danseur ?

"Sommes-nous là pour faire connaissance ?" répliqua t-il avec froideur. 

Il eut un certain dégoût sur son visage. Ses yeux pâles embrassèrent la foule. Il leva les bras vers elle, presque en prédicateur. La clameur était peu à peu rongée par la curiosité. 

"Que fait la Garde quand tant de personnes succombent au courroux de quelques capricieux ? Voilà, l'objet de notre désarroi. Regardez ceux qui sont tout bonnement incapables de nous protéger !" clama t-il à pleine voix.

La rage, un sentiment rodé qu'il gardait pour jouer, se mêla à ses mots. Il eut un mouvement vers elle. Vers cette femme, désintéressée. Le peuple demeura un instant interdit, promenant leur regard sur les deux protagonistes. Une réalité plus ou moins juste leur faisait face.

"Je ne suis qu'un homme comme vous et moi-même, je crains pour ma vie." 
Il eut un moment solennel. "Comme ici, nous tous. " 

Il retira sa capuche, laissant les quelques rares rayons se régaler de sa parure blonde. Son intervention fit son effet et les voix montèrent en crescendo. Il n'y avait plus que la place pour les plaintes et la colère. On se pressait autour d'eux.
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MessageSujet: Re: Troubles . [ Libre ]   Ven 6 Sep - 4:06

L'homme se redressa. A ce moment précis, Asphodèle eut un très mauvais pressentiment. Sa main se crispa sur la poignée de son épée, et elle songea à le tuer sur le champ. Sa raison l'en empêcha cependant, et elle lui laissa le temps de parler. Elle le regretta immédiatement.

- Sommes-nous là pour faire connaissance ?
- Ne faites pas le..
Il ne lui laissa pas le temps de répliquer.
- Que fait la Garde quand tant de personnes succombent au courroux de quelques capricieux ? Voilà, l'objet de notre désarroi. Regardez ceux qui sont tout bonnement incapables de nous protéger !

Estomaquée, ne sachant comment réagir, elle l'entendit débiter son petit discours jusqu'au bout. La foule commença à s'agiter de nouveau, agressive. Sauf que cette fois, la colère se dirigeait contre elle. Elle regardait toujours le type, sûr de lui et semblant beaucoup apprécier l'effet de son intervention. Ses yeux écarquillés de stupeur devinrent flamboyants de rage en moins d'une seconde. Comment osait-il..
Stupides civils. La jeune femme ne les avait jamais autant haï qu'en cet instant, découvrant qu'ils pouvaient se montrer insolents en plus d'être encombrants. Son moment d'hésitation lui avait coûté cher, et cette humiliation lui était insupportable. Ce salopard n'allait pas s'en sortir comme ça, et le châtiment serait sévère. Mais d'abord, il fallait sortir de ce mauvais pas..

Elle se retourna et défia la foule, les toisant silencieusement, un à un. Elle réfléchissait à toute vitesse. La tension monta d'un cran, et certains commencèrent à s'approcher dangereusement. Il fallait prendre une décision. Elle hurla :

- Taisez-vous!
L'espace d'un instant, le silence se fit. Puis les railleries fusèrent et la clameur reprit de plus belle.
- Sinon quoi, pauv' conne?!
- T'es à un contre cent!
- C'est votre faute tout ça!
- A mort!
- A MORT!

Ce dernier cri fut repris par d'autres, ce qui eut le don de l'irriter encore plus. La main crispée sur le pommeau de son épée, elle siffla alors d'une voix rauque, parfaitement glaciale :

- Si jamais vous osez porter la main sur moi, je veillerais personnellement à ce que les survivants passent le restant de leur misérable existence au fond des geôles de Pherov.

La menace les calma immédiatement. Ils savaient qu'elle ne plaisantait pas, et la vision de la jeune femme altière à la crinière flamboyante, le regard dur et empli de fureur, et la main posée sur la garde d'une grande épée d'acier qu'ils savaient fort tranchante, était quelque peu impressionnante. Et elle n'était pas seulement armée, mais entraînée à tuer. Ils n'avaient aucune chance.
Les badauds ne criaient plus, ni ne s'approchaient d'elle, mais ils ne bougeaient pas. Ils hésitaient. La colère d'Asphodèle parvenait à son comble lorsqu'elle vit un groupe de gardes au bout de la rue, qui accourraient vers les lieux du désordre. Elle se retint de pousser un soupir de soulagement : enfin, on venait la débarrasser de la plèbe. C'est vrai qu'ils étaient longs à la détente, ces stupides gardes. Tandis que certains partaient déjà précipitamment à la vue de ces derniers, elle fit d'une voix sèche :

- La plaisanterie est terminée. Rentrez chez vous.

"Bande d'imbéciles," ajouta-t-elle en pensée. Une fois la foule dispersée et les gardes (qu'elle prit bien soin d'ignorer souverainement) ayant pris en charge le corps de l'homme assassiné, elle se jeta comme une furie sur le type au capuchon et le jeta à terre en lui faisant une clé de bras, afin de l'immobiliser.

- Qui que vous soyez, vous allez me le payer cher, murmura-t-elle à son oreille, menaçante. Puis elle reprit d'une voix forte, afin que les gardes l'entendent :
- Et maintenant, monsieur le fauteur de troubles, vous allez vous tenir tranquille et me donner votre nom. Tout de suite.

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MessageSujet: Re: Troubles . [ Libre ]   Ven 6 Sep - 15:56

Vous n'avez pas entendu la nouvelle ?
- Pardon ?
- Quelqu'un a été assassiné ! À deux rues d'ici, à peine !

La femme tenait fermement son enfant en pleurs par la main et Ellen' ne savait si elle devait la prendre au sérieux ou non. Dans cette citée, toutes les rumeurs n'étaient pas bonnes à croire, ni même à entendre. Cependant, l'agitation ambiante ne pouvait pas indéfiniment la maintenir dans l'ignorance et il était évident qu'un événement important avait en effet eu lieu. Elle acquiesça lentement et se détourna de la passante pour se mettre en marche vers le lieu supposé du crime. Il était chose aisée de savoir où tout ceci c'était déroulé, en remontant le flot incontrôlé de villageois fuyant la scène, sans doute trop morbide pour leur petit esprit étroit. Faisait-elle preuve de curiosité malsaine ou n'était-ce qu'un besoin de se tenir au courant de ce qui se passait ? Allez savoir. Quoi qu'il en soit, ses pas la menèrent effectivement au cœur même de tout ce remue-ménage, puisqu'elle parvint même à observer le corps de plus près. À bien y regarder, d'ailleurs, elle était l'une des dernières femmes aux alentours. Elle était pourtant persuadée de ne rien craindre, ayant une bourse vide et une dague à la ceinture. Malgré les cris et les éclats de voix, elle parvint néanmoins à entendre une conversation qui se détachait du lot.

Mon capitaine, l'assassin a fui.
- Un assassin, vraiment? Qui êtes-vous?

Ellen' releva le visage et chercha du regard la provenance de cette bien curieuse discussion. Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer, dans la foule qui commençait doucement à se dissiper, l'uniforme de l'armée d'Akrak, ainsi que, perché sur un muret, une silhouette encapuchonnée au visage bien dissimulé. Elle se glissa entre plusieurs personnes et parvint à se faufiler en toute discrétion jusqu'aux protagonistes. Mêlée ainsi à la foule, elle faisait simplement partie du décors et suivait l'échange attentivement.

Sommes-nous là pour faire connaissance ?
- Ne faites pas le..
- Que fait la Garde quand tant de personnes succombent au courroux de quelques capricieux ? Voilà, l'objet de notre désarroi. Regardez ceux qui sont tout bonnement incapables de nous protéger ! Je ne suis qu'un homme comme vous et moi-même, je crains pour ma vie. Comme ici, nous tous.

Cet homme savait s'exprimer. Il était parvenu à trouver les mots justes pour clamer haut et fort ce que tous ici pensaient tout bas. Bientôt, de part et d'autre de la scène, s'élevèrent des cris, des exclamations et des interjections d'approbation et de consentement et la foule, qui pourtant était quelques instants auparavant si désunies, s'amassa autour des deux protagonistes, sous le regard presque indifférent de la tavernière qui se contentait d'observer la situation d'un air légèrement amusé. Toute cette agitation prit brutalement fin pourtant, quand des gardes vinrent s'occuper du cadavre et que la femme à la chevelure flamboyante poussa son petit coup de gueule du jour. Se pensait-elle si terrifiante ? Elle ne l'était guère ou, du moins, ne l'effrayait pas plus qu'un animal sauvage. C'est alors qu'elle se jeta littéralement sur le pauvre rôdeur, le plaquant au sol sous le regard surprit de la jeune femme qui n'attendit pas plus pour s'interposer. Inconscience, quand tu nous tiens ! Elle s'approcha vivement du capitaine et applaudit légèrement, d'un air moqueur, avant de prendre parti, n'exagérant pas le volume sonore de sa voix, sans pour autant tenter de modérer ses paroles.

Ah. Elle est belle l'armée d'Akrak ! De quel droit levez-vous la main sur cet homme ? Pensez-vous réellement que votre grade vous accorde ce privilège ? Si tel est le cas, laissez-moi vous dire que votre stupidité dépasse l’entendement, capitaine !

Elle la toisait, les mains sur les hanches et son regard froid soutenait avec insistance celui de la femme. Il faut dire que la tavernière n'était pas réputée pour se taire sur les sujets sensibles et avait déjà eu, par le passé, quelques ennuis de ce genre. Qui d'autre donc, pour intervenir et s'opposer ainsi à l'autorité ?

Vous menacez des citoyens qui n'ont fait que relever la parfaite incompétence des personnes chargées de nous protéger et, qui plus est, vous vous attaquez à l'une des rares personnes ici présentes qui a vu l'assassin s'enfuir et qui, de fait, aurait pu exactement vous dire dans quelle direction il est parti et à quoi il ressemble." Elle poussa un soupire et reprit, d'un ton amer. "Il doit être bien loin désormais, le meurtrier." Elle croisa enfin le regard de l'homme et continua, d'une voix plus calme. "Cet homme loge à mon auberge, un mystérieux voyageur arrivant de lointaines contrées, qui ne connait personne ici-bas. Un beau parleur, je vous l'accorde, fauteur de troubles, sans doute, mais qui n'a fait que dire tout haut ce que le peuple pense tout bas. S'il n'avait pas agi ainsi, croyez-moi, je l'aurais fait à sa place. Maintenant, ayez au moins la décence de le laisser se relever et se défendre comme il se doit."

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